Note IPP n°19 - Juillet 2015

Quel délai pour le libre accès des revues de sciences humaines et sociales en France ?

Open access SHSNote IPP n°19

Juillet 2015

Auteurs : Maya Bacache-Beauvallet, Françoise Benhamou, Marc Bourreau

Contacts : maya.bacache@ipp.eu

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Résumé :

Cette étude a pour objet d’évaluer le bien-fondé de la mise en œuvre d’un principe de libre accès aux recherches en sciences humaines et sociales (SHS) en France, à partir d’une étude de ses effets sur la consultation des articles. Il s’agit de savoir si une politique de libre accès améliore effectivement ou non la visibilité des recherches, et dans quelle mesure. L’étude apporte des éclairages indispensables à la prise de décision au sujet de la diffusion des résultats de la recherche et sur l’effet observé des restrictions d’accès sur l’accès des publics (chercheurs et grand public) à ces résultats. Les enjeux du débat sont le choix de la « barrière mobile », c’est-à-dire la durée après la publication pour la mise en libre accès par la revue elle-même, et la durée de « l’embargo », c’est-à-dire la durée minimale avant l’autorisation donnée par la revue à l’auto-archivage par le chercheur de ses articles.

L’étude a consisté à quantifier l’impact de la durée de la barrière mobile sur l’audience de la revue et de la recherche. Les résultats obtenus indiquent que l’existence d’une barrière à la diffusion fait perdre de l’audience à la revue, et ce dès une durée d’un an. Dans la mesure où les coûts de marginaux de diffusion des articles sur les plateformes numériques sont très faibles, voire nuls, cette perte d’audience représente ce que l’on appelle une perte « de poids mort ». Nos résultats objectivent donc la mise en place d’une durée de barrière mobile relativement courte (moins d’un an) en comparaison aux durées évoquées dans le débat public pour les SHS (2 à 3 ans).

Points clés :

    • Il existe en France 936 revues en SHS dont 32% sont présentes sur les plateformes Cairn et Revues.org. Près de 400 revues n’ont pas édité un numéro un an avant l’enquête (de 2013 au printemps 2014).
    • Toutes choses égales par ailleurs, plus la durée de barrière mobile est longue et plus le nombre de « vues » annuel de la revue est faible : les revues à barrière mobile courte sont donc plus vues que les autres.
    • Plus la durée de barrière est longue et plus on perd des vues d’une année sur l’autre. La perte d’audience liée à la barrière mobile apparaît dès un an.
    • Si le nombre de « vues » est d’autant plus important que la durée de la barrière est courte, en revanche, l’effet rebond à l’ouverture est d’autant plus important que la barrière est longue.
    • L’audience totale de la revue est d’autant plus faible que la barrière est longue. La perte d’audience apparaît dès un an de barrière mobile.

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