Pour mesurer la confiance en soi des élèves, les auteurs ont mené une enquête auprès de 2034 élèves de terminale au cours des trois semaines qui précèdent la date limite de soumission des vœux sur Parcoursup en 2021. Les auteurs utilisent une mesure de confiance en soi communément utilisée et validée dans la littérature en économie expérimentale (Niederle et Vesterlund, 2007 ; Buser, Niederle et Oosterbeek, 2014 ; Dargnies, Hakimov et Kübler, 2019 ; Mobius et al., 2011).
Ils ont ensuite apparié les données de leur enquête avec les données administratives de Parcoursup, qui contiennent notamment les vœux soumis par les élèves, les propositions reçues, et le choix final réalisé. Le rang relatif perçu par les élèves étant mesuré dans les trois semaines précédant la date limite de soumission des vœux, ces données permettent d’analyser le lien entre confiance en soi et vœux exprimés.
Les auteurs s’intéressent à plusieurs caractéristiques des choix réalisés, notamment si un élève a candidaté à une classe préparatoire (CPGE), un indicateur utile pour détecter l’autocensure parmi les meilleurs élèves. Ils s’intéressent également à la sélectivité des formations classées par les candidats mesurées par les notes moyennes que les élèves admis dans ces formations ont obtenues au baccalauréat.
Les auteurs ont enfin conçu une intervention simple qui consiste à indiquer aux élèves leur position réelle dans la distribution nationale des moyennes générales de terminale. Pour les élèves qui sous-estiment initialement leur rang, cette information corrige à la hausse leur perception de rang. Inversement, pour les élèves qui surestiment initialement leur rang, elle révise leur perception à la baisse. Les élèves qui reçoivent cette information ont été tirés au sort afin de pouvoir mesurer l’effet causal sur les choix d’orientation.