La surveillance électronique (SE) s’est imposée comme un outil très prisé pour freiner la croissance de la population carcérale. Les données sur les effets causaux de la SE sur la récidive criminelle sont toutefois limitées, et on ignore encore comment cette alternative à l’incarcération influe sur l’emploi des délinquants et sur la situation de leurs proches. Les auteurs étudient l’extension à l’échelle nationale de la surveillance électronique en Suède en 1997, dans le cadre de laquelle les délinquants condamnés à une peine d’emprisonnement maximale de trois mois se sont vu offrir la possibilité de remplacer l’incarcération par la surveillance électronique. Les estimations par la méthode des différences dans les différences, qui comparent l’évolution du taux d’entrée en prison des délinquants concernés à celle des délinquants non concernés ayant des peines légèrement plus longues, montrent que la réforme a considérablement réduit le nombre d’incarcérations.
The effects of electronic monitoring on offenders and their families
Présentation
Principaux résultats
La principale conclusion est que la surveillance électronique réduit non seulement la récidive criminelle, mais augmente également l’emploi. De plus, elle améliore le niveau d’éducation et les revenus précoces des enfants dont les parents ont bénéficié de cette réforme. Les principaux mécanismes par lesquels la surveillance électronique agit semblent passer par le maintien des liens des délinquants avec le marché du travail, en réduisant les obstacles tant à la recherche d’un emploi qu’au changement d’employeur. Les calculs des auteurs suggèrent que les bénéfices sociaux découlant de la surveillance électronique sont environ sept fois supérieurs aux économies budgétaires liées à la réduction des dépenses pénitentiaires, ce qui implique que les gains de bien-être résultant de la surveillance électronique pourraient être bien plus importants qu’on ne le pensait auparavant.
