Cette enquête, fortement commentée dans le débat public, vient à nouveau attester du faible niveau des élèves en France en mathématiques.
Au-delà de la seule question du niveau en mathématiques, l’enjeu sous-jacent est la capacité future de la France, de ses entreprises, de ses laboratoires de recherche de rester compétitive dans des secteurs de pointe si les générations qu’elle forme actuellement ne s’avèrent plus au niveau.
L’IPP travaille depuis plusieurs années désormais sur les inégalités de genre dans les carrières scientifiques. En janvier 2024, Thomas Breda, Joyce Sultan et Lola Touitou ont notamment publié une note intitulée « Le décrochage des filles en mathématiques dès le CP : une dynamique diffuse dans la société. »
Cette note démontre que les filles ont le même niveau en mathématiques que les garçons en début de cours préparatoire (CP) mais décrochent dès le milieu de cette première année d’école primaire alors qu’elles conservent un avantage sur les garçons en français.
Les auteurs montrent également que le décrochage des filles se produit sur l’ensemble du territoire, dans tous les types d’écoles et dans tous les milieux familiaux. Autrement dit, aucune configuration scolaire (école publique, privée, en réseau d’éducation prioritaire – REP – ou à pédagogie alternative) ni aucune configuration familiale (parents des catégories aisées, professions scientifiques ou familles homoparentales) ne permet d’éviter l’apparition d’un écart très tôt dans la scolarité en mathématiques en défaveur des filles.