Retour d'expérience n°2 - Novembre 2014

Aspirations scolaires et lutte contre le décrochage: accompagner les parents

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Novembre 2014

Auteurs : Dominique Goux, Marc Gurgand, Eric Maurin

Contacts : dominique.goux@ensae.fr; marc.gurgand@psemail.eu; maurin@pse.ens.fr

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Une expérimentation menée par le laboratoire J-PAL à PSE-Ecole d’économie de Paris dans une quarantaine de collège de l’académie Versailles, et financée par le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse, analyse l’impact de réunions parents-chef d’établissement sur l’orientation et le décrochage des élèves les plus en difficulté. Les trois chercheurs montrent dans cette synthèse que ces réunions et des effets très marqués sur les orientations et les projets des élèves.

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« Aspirations scolaires et lutte contre le décrochage: accompagner les parents »

 

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Résumé :

Interrogés en fin de collège, la très grande majorité des parents d’élèves de troisième pensent que leur enfant obtiendra le baccalauréat, y compris quand ses résultats scolaires et ses chances de réussir au lycée sont en réalité très faibles. De fait, parmi les élèves les plus en difficulté et les plus exposés au décrochage, très peu envisagent la possibilité de l’apprentissage ou d’une formation professionnelle courte au lycée, ce qui reflète le déficit d’image de ces formations en France.

Dans le cadre d’une expérimentation menée dans des classes de troisième dans l’académie de Versailles, nous montrons que deux réunions spécifiques entre le principal du collège et les parents des élèves les plus faibles suffisent à faire évoluer très sensiblement les projets des familles et à élargir le spectre des orientations envisagées. Un tel ajustement des aspirations s’accompagne par la suite d’une importante réduction du décrochage scolaire, au profit de scolarités sans redoublement dans les centres d’apprentissage ou les lycées professionnels de l’académie. Deux ans après cette intervention très simple, le décrochage qui est de 20% dans cette population d’élèves est ramené à 15%.

En utilisant des données sur les groupes d’amis au sein des classes, nous montrons également que l’intervention s’accompagne d’une amélioration de l’intégration scolaire des élèves les plus faibles. Ils interagissent davantage avec leurs camarades ayant de meilleurs résultats : cette évolution des rapports entre élèves dans les classes représente sans doute l’une des clés de la réussite du dispositif expérimenté.

Points clés :

  • Les familles des élèves de troisième en difficulté scolaire surestiment souvent leurs chances de poursuivre des études jusqu’au baccalauréat et envisagent peu la possibilité de l’apprentissage ou d’une formation professionnelle courte.
  •  Quelques réunions collectives entre les familles des élèves les plus faibles et le principal du collège, menées tôt dans l’année, parviennent à faire évoluer les projets des jeunes et des familles et à élargir le spectre des orientations envisagées.
  • En conséquence, ces réunions permettent de réduire d’un quart le taux de décrochage, et les élèves concernés réussissent leur scolarité dans les formations professionnelles courtes.
  • L’intervention affecte également les relations sociales : les élèves les plus faibles interagissent davantage avec leurs camarades ayant de meilleurs résultats.

 


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