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Présentation

Dans le débat actuel sur la réforme des retraites, comme dans ceux qui ont précédé les réformes passées, la question de la capacité des personnes à prolonger leur carrière, et celle des aménagements spécifiques à prévoir pour ceux qui ne seraient pas dans une telle capacité, occupent naturellement une place importante. Le système de retraite français prévoit déjà, et de longue date, divers dispositifs permettant d’anticiper le départ à la retraite dans de telles situations, que ce soit en avançant l’obtention d’une pension à taux plein – avant d’avoir validé la durée de carrière requise – ou en abaissant l’âge minimal d’ouverture des droits – c’est-à-dire avant même d’avoir atteint l’âge légal de droit commun. Ces dispositifs ont pris une importance croissante au fil du temps : en 2020, près d’une personne sur trois est déjà retraitée (le plus souvent au titre d’une retraite anticipée pour carrière longue) au moment d’atteindre l’âge légal de 62 ans, et environ une personne sur six obtient par ailleurs un départ au taux plein dès cet âge légal, au titre de l’inaptitude au travail.

Cette question de la capacité ou de l’incapacité à continuer à travailler est habituellement abordée dans le débat au prisme de deux situations particulières : celle des personnes ayant commencé à travailler tôt, supposées davantage usées par le travail, et celle des personnes ayant occupé des postes exposés à des conditions de travail pénibles. L’attention se concentre donc souvent sur deux dispositifs spécifiques d’anticipation : les retraites anticipées pour carrière longue, créées lors de la réforme de 2003, et le compte personnel de prévention, créé par la réforme de 2014.

Dernière modification : juillet 13, 2026