Présentation
Les mesures socio-fiscales à destination des ménages contenues dans le budget pour 2026 ciblent trois catégories de personnes : les familles avec des enfants de plus de 14 ans touchées par la baisse des allocations familiales, les personnes percevant un revenu du travail proche du SMIC qui bénéficient de la hausse de la prime d’activité et les ménages détenteurs de revenus du capital soumis à la hausse de la CSG et à la reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Les auteurs analysent leurs effets budgétaires et redistributifs, leurs impacts sur les inégalités entre les femmes et les hommes et sur le niveau de vie des enfants. Les auteurs discutent également des mécanismes susceptibles d’expliquer les grandes incertitudes qui pèsent sur le rendement de la CDHR.
Résultats clés
- Sur l’ensemble de la population, les effets des mesures étudiées sont très faibles. Seuls 14% des
individus sont impactés à hauteur d’au moins 5 euros par mois. - Les pertes moyennes apparaissent limitées et concentrées aux extrémités de la distribution des revenus : en haut, du fait de la hausse de la CSG sur certains revenus du capital et de la reconduction de la CDHR, ainsi qu’en bas, en raison de la baisse des allocations familiales. Les 1% des personnes avec les plus hauts niveaux de vie sont les plus affectés.
- Les gains de niveau de vie des ménages proviennent quasi exclusivement de la réforme de la prime d’activité. Ils atteignent en moyenne 0,3% du niveau de vie pour les individus ayant un niveau de vie compris entre 1 200 euros et 1 900 euros par mois (c’est-à-dire entre le 14e et le 38e centième).
- Le rendement de la CDHR reste incertain. Le faible acompte de la CDHR versé en décembre 2025, comparé à son rendement mécanique estimé, peut s’expliquer par plusieurs mécanismes : erreurs de calcul des foyers, poids des revenus exceptionnels dans l’assiette ou encore comportements d’anticipation, de report ou de substitution de revenus, susceptibles d’affecter également les bases d’autres prélèvements obligatoires.
- Les ménages avec trois enfants et plus représentent 14% de la population et sont plus souvent situés en bas de la distribution des revenus. Ce sont eux qui connaissent la baisse moyenne de niveau de vie la plus marquée, de 0,4% pour les couples et 1,3% pour les familles monoparentales.
- Les réformes des prestations sociales bénéficient davantage aux hommes qu’aux femmes au sein des couples. En effet, l’homme est plus souvent celui dont la situation salariale ouvre droit à la bonification la plus élevée au titre de la prime d’activité. Une fois ces réformes pleinement montées en charge (effet en année pleine pour la prime d’activité et fin de la période de transition pour les allocations familiales), le gain estimé pour les hommes peut être jusqu’à trois fois supérieur à celui des femmes, à niveau de vie comparable.
Voir le diaporama présenté lors de la conférence
Auteurs
- Sylvain Duchesne, économiste junior à l’IPP
- Bertrand Garbinti, responsable du pôle fiscalité des ménages à l’IPP
- Lola Josseran, économiste junior à l’IPP

