Note IPP n°49 - Février 2020

Budget 2020 : quels effets pour les ménages ?

Note IPP n°49

Février 2020

Auteurs : Brice Fabre, Arthur Guillouzouic, Chloé Lallemand, Claire Leroy

Contact : brice.fabre@ipp.eu, claire.leroy@ipp.eu

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logo-pdf-minBudget 2020 : quels effets pour les ménages ?

 

Cette note évalue les effets redistributifs des mesures socio-fiscales de 2020 à destination des ménages, telles que votées par le Parlement en fin d’année 2019. Cette étude fait suite à la grande conférence du 15 octobre 2019 sur l’évaluation des mesures budgétaires proposées par le gouvernement en amont du débat parlementaire.

Nous vous proposons également d’accéder aux données et graphiques associés dans le site dédié : budget.ipp.eu

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Résumé :

Cette note analyse les effets redistributifs des mesures socio-fiscales à destination des ménages entrant en vigueur en 2020. Nos résultats soulignent un gain moyen de 1 % de revenu disponible pour les 60 % des ménages situés au milieu de la distribution des revenus, ayant un niveau de vie compris entre 1 274 euros mensuels et 2 803 euros mensuels. Ces hausses de revenu disponible pour les classes moyennes s’expliquent en partie par la dernière vague de dégrèvement de la taxe d’habitation. La baisse de l’impôt sur le revenu constitue l’autre mesure importante du budget 2020, et entraîne des gains plus marqués pour les ménages au-dessus de la médiane, ayant un niveau de vie supérieur à 1 778 euros mensuels. Les 8 % des ménages les plus modestes, en-dessous de 837 euros mensuels, et les 5 % des ménages les plus aisés, au-dessus de 4 034 euros mensuels, sont quant à eux peu affectés par les mesures socio-fiscales entrant en vigueur en 2020.

Nous analysons dans un second temps l’effet de l’ensemble des mesures entrant en application entre 2018 et 2020. Nous observons des gains de revenu disponible pour une majorité de ménages, avec un maximum de 3,2 % du revenu disponible entre le 25e et le 75e centile de niveau de vie (comprenant les ménages ayant un niveau de vie compris entre 1 274 euros et 2 435 euros mensuels). Seuls les ménages les plus modestes, en-dessous de 789 euros mensuels, ne bénéficient pas en moyenne de ces mesures. Les 1 % des ménages les plus aisés, au-dessus de 6 880 euros mensuels, voient quant à eux leur revenu disponible augmenter de 2,2 %, avec un effet de 3,9 % pour les 0,1 % des ménages les plus aisés, ayant un niveau de vie supérieur à 18 689 euros mensuels.

Points clés:

  • Le budget 2020 propose une baisse concomitante des prélèvements obligatoires (−9,5 milliards d’euros selon le gouvernement) et des prestations sociales (−2,8 milliards d’euros), impliquant une hausse globale de pouvoir d’achat de 6,7 milliards d’euros pour 2020.
  • Une large classe moyenne, ayant un niveau de vie compris entre 1 274 euros mensuels et 2 803 euros mensuels, profite des réformes prévues pour 2020, avec un gain moyen de 1 % du revenu disponible. Ces gains sont plus importants pour les classes moyennes supérieures, atteignant un pic de 1,5 % pour les ménages percevant autour de 2 300 euros mensuels.
  • Les ménages du bas et du haut de la distribution des revenus ne bénéficient pas ou peu de ces mesures.
  • L’ensemble des réformes menées depuis le début du quinquennat engendre des gains de revenu disponible de l’ordre de 3,2 % pour les 50 % des ménages situés au milieu de la distribution des revenus, ayant un niveau de vie compris entre 1 274 euros et 2 435 euros mensuels.
  • Les 7 % des ménages les plus modestes, en-dessous de 789 euros mensuels, sont peu affectés par les réformes menées depuis 2018. Les 1 % des ménages les plus aisés, au-dessus de 6 880 euros mensuels, voient quant à eux leur revenu disponible augmenter de 2,2 %, et le top 0,1 % (au-dessus de 18 689 euros mensuels) de 3,9 %.