De nombreuses technologies reposent sur des fondements scientifiques qui ont été développés par des laboratoires universitaires ou sur des fonds publics (le laser, le GPS, ou plus récemment le vaccin Oxford-AstraZeneca contre la Covid-19). Néanmoins, l’impact du financement de la recherche publique sur les entreprises a été peu documenté de manière systématique. A l’inverse, par ailleurs, des politiques publiques de soutien à la recherche privée, qui sont analysées, évaluées et documentées : par exemple, le crédit impôt recherche a été évalué par l’IPP en juin 2021.
Ceci tient notamment à la difficulté d’identifier les entreprises qui bénéficient d’une augmentation de la production de recherche (académique) dans un champ donné.
Grâce à un nouvel indicateur mesurant la proximité scientifique des entreprises aux laboratoires, les auteurs de cette note parviennent à estimer finement l’impact d’un ambitieux programme de financement de la recherche publique : le dispositif des Laboratoires d’Excellence (LabEx).
Ce programme a été mis en place en France en 2010 et a alloué environ 1,5 milliard d’euros à 170 groupements thématiques de chercheurs.
Les auteurs mesurent les effets positifs du programme sur les dépenses de R&D des entreprises avoisinant ces LabEx et actives dans des secteurs avec une forte proximité scientifique au thème du LabEx.
Ils étudient ensuite les canaux par lesquels ces effets ont pu transiter, permettant à la connaissance produite par les LabEx de se diffuser aux entreprises. L’analyse des rapports de lancement des LabEx lauréats permet de conclure à une importance marquée de la contractualisation entre les laboratoires et les entreprises, ainsi qu’à la mobilité de chercheurs vers les entreprises, ce que leur analyse causale confirme.
Cette note est directement issue d’un document de travail universitaire (CEPR DP17487).
