Le Conseil d’orientation des retraites (COR) vient de publier un rapport thématique consacré aux droits familiaux et conjugaux de retraite. Parmi les dispositifs analysés, la pension de réversion, qui représente 38,7 milliards d’euros (en 2024), concerne près de quatre millions de retraités en France, et qui contribue significativement à réduire les inégalités de montant de retraite entre les femmes et les hommes, suscite toujours un vif intérêt. Le rapport du COR rappelle les aspirations actuelles relatives au dispositif, notamment en termes d’homogénéisation des disparités entre régimes et d’extension à d’autres situations de couple que le mariage. Il souligne aussi que la principale finalité aujourd’hui associée à la réversion est le maintien du niveau de vie au moment du veuvage, qualifié « d’objectif prioritaire et partagé » parmi les membres du COR.
Cette finalité renvoie à une question fondamentale, que nous cherchons à creuser dans le présent billet. La réflexion ne porte en effet pas uniquement sur le niveau de vie qu’on vise à garantir (celui pendant le veuvage) mais aussi sur celui que l’on prend comme référence (celui pendant la vie en couple). Il est important de garder en tête que chercher à maintenir le niveau de vie au moment du veuvage signifie qu’on choisit de prendre en compte l’avantage, en termes de niveau de vie, lié à la vie en couple, en se donnant pour objectif de le prolonger même après la disparition du couple. La question fondamentale à se poser est donc en fait la suivante : le système français de retraite doit-il, et avec quelles justifications, tenir compte de la vie en couple ?
