Présentation
Dans le contexte actuel de vieillissement rapide de la population, les politiques publiques doivent anticiper l’augmentation du nombre de personnes en perte d’autonomie et de leur part dans la population. Cet accroissement, plus ou moins marqué selon les scénarios épidémiologiques mais qui semble inéluctable sauf révolution thérapeutique, pose en effet des questions majeures : quelle part des ressources communes souhaitons-nous allouer au soutien aux personnes âgées en perte d’autonomie ? Comment juger de la pertinence des différentes options de politiques publiques ? En France, le choix a été fait de privilégier le maintien à domicile des personnes âgées, choix que l’on a dénommé « virage domiciliaire » par analogie avec le « virage ambulatoire » dans le domaine sanitaire. L’IPP a déjà consacré plusieurs travaux aux implications de cette orientation, notamment une note sur son coût pour les finances publiques à l’horizon 2040 (Carrère et al., 2023; Mendras, 2023). Cette note intègre une dimension de l’arbitrage laissée de côté jusqu’ici : la dimension environnementale. Elle s’inscrit dans l’objectif plus global de l’IPP de systématiser la prise en compte des enjeux environnementaux dans l’évaluation des politiques publiques.
Résultats clés
- À domicile, les émissions de CO2 sont 25% plus élevées pour les GIR 1-2 (11,7 tCO2eq/an) qu’en établissement (9,1 tCO2eq/an).
- Les économies d’échelle en établissement réduisent les émissions : mutualisation des soins, déplacements et équipements médicaux.
- Logements individuels et déplacements des aidants expliquent l’essentiel de l’écart entre domicile et établissement.
- Pour les GIR 3-4, les différences entre domicile et établissement sont faibles, car les besoins en accompagnement et en soins sont moins importants.
- Projeter l’impact du « virage domiciliaire » reste complexe : les profils des personnes en perte d’autonomie diffèrent fortement entre le domicile et l’établissement, et l’effet causal de l’entrée en établissement est mal connu.
- Réduire les émissions à domicile implique d’agir sur les émissions générées par les transports,
et par la rénovation énergétique des logements des personnes âgées.
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Auteurs
- Paul Dutronc-Postel est responsable du pôle Environnement de l’IPP.
- Delphine Roy est directrice adjointe et responsable du pôle Santé-Autonomie de l’IPP.
- Théo Sukhdéo est économiste junior à l’IPP.
Partenaires
Cette étude s’inscrit dans la recherche PERSEPHONE, financée par la Mission Recherche (MiRe) de la Drees dans le cadre d’un appel à projets intitulé « Repenser la protection sociale à l’aune des crises environnementales ». Les auteurs remercient le Shift Project et l’UNA (Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles) pour leur expertise et pour le partage de données ayant contribué à cette étude.

