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Présentation

Le premier objectif de l’assurance chômage est d’assurer un revenu de remplacement aux personnes involontairement privées d’emploi. Au-delà de ce premier rôle, se pose la question de l’efficacité de ce dispositif. En théorie, des allocations chômage plus généreuses ralentissent les sorties du chômage mais sont également susceptibles d’améliorer la qualité de l’emploi retrouvé. Cette étude mesure empiriquement l’impact d’un allongement de la durée maximale d’indemnisation du chômage en France entre 2000 et 2002. Lorsque la durée d’indemnisation est portée de 7 à 15 mois, le taux de retour à l’emploi diminue de 28 % (soit un allongement de la durée de chômage de l’ordre de deux mois et demi), tandis que la stabilité de l’emploi retrouvé et le salaire perçu ne sont pas significativement améliorés.

Principaux résultats

  • Lorsque la durée d’indemnisation de l’assurance chômage passe de 7 à 15 mois, la durée de chômage des allocataires augmente d’environ deux mois et demi.
  • Cet allongement de la durée de chômage ne s’accompagne pas d’une amélioration de la qualité de l’emploi retrouvé.

Méthode et données

Méthode

L’effet de la durée maximale d’indemnisation est estimé en comparant le devenir de nouveaux allocataires de deux filières de l’assurance chômage entre 2000 et 2002. La période d’étude est limitée par la disponibilité des données. Au cours de cette période, si un nouvel allocataire avait travaillé entre 6 et 8 mois pendant l’année précédant son entrée au chômage, il était indemnisé pendant une durée maximale de 7 mois (filière 2, selon la nomenclature de l’assurance-chômage). S’il avait travaillé au-delà de 8 mois sur l’année précédente, il pouvait être indemnisé pendant 15 mois (filière 3, selon cette même nomenclature).

Afin d’isoler l’effet causal d’un allongement de la durée maximale d’indemnisation, les auteurs comparent le devenir des allocataires de la filière 2 qui auraient été en filière 3 s’ils avaient travaillé un mois de plus (c’est-à-dire les allocataires ayant travaillé entre 7 et 8 mois) avec le devenir des allocataires de la filière 3 qui auraient été en filière 2 s’ils avaient travaillé un mois de moins (c’est-à-dire les allocataires ayant travaillé entre 8 et 9 mois). Schématiquement, cette procédure d’estimation, qui exploite le caractère discontinu de la règle de fixation de la durée d’indemnisation, restreint la comparaison aux allocataires qui sont proches du seuil d’éligibilité.

Données

Pour mettre en œuvre cette procédure d’estimation, les auteurs exploitent une nouvelle source statistique mobilisant les fichiers de suivi des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi et les déclarations d’emploi des entreprises (fichier statistique dit FHDADS). Ces données permettent de connaître le temps passé en emploi avant l’épisode de chômage, de mieux repérer les reprises d’emploi parmi les sorties des listes de Pôle emploi et de mesurer la qualité de l’emploi retrouvé (stabilité de l’emploi et et salaire perçu).
et salaire perçu).

Retombées et impact

Cette section regroupe les diverses retombées (articles de presse, conférences, auditions…) dont a bénéficié cette publication.

Dernière modification : mai 20, 2026