Note IPP n°53 - Mars 2020

Propagation des chocs dans les chaînes de valeur internationales : le cas du coronavirus

Note IPP n°53

Mars 2020

Auteurs : Elie Gerschel, Alejandra Martinez, Isabelle Mejean*

Contact : isabelle.mejean@polytechnique.edu

* Auteur de l’étude de référence

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Résumé :

Avant de se propager à l’échelle mondiale, l’épidémie de coronavirus est apparue dans la province du Hubei.
Pour contenir la propagation du virus, le gouvernement chinois a imposé des mesures de quarantaine, entraînant un ralentissement de l’activité économique. Nous étudions ici la manière dont ce ralentissement de la production, initialement limité à la province de Hubei, se diffuse à l’économie mondiale via les chaînes de valeur internationales. La dépendance à l’égard des intrants chinois a augmenté de manière spectaculaire depuis le début des années 2000. De ce fait, la plupart des pays sont exposés au ralentissement de l’activité en Chine, à la fois directement via leurs importations de produits intermédiaires chinois et indirectement, du fait de la valeur ajoutée chinoise incorporée à d’autres intrants à la production. Cette note quantifie l’exposition totale de la France comparée à celle d’autres pays. Dans un premier temps, nous calculons la part de la valeur ajoutée chinoise dans la production française. Ensuite, nous utilisons des données au niveau des pays et des secteurs pour quantifier l’impact des mesures de quarantaine sur le PIB français.

Points clés :

  • Les processus de production sont de plus en plus étalés sur plusieurs pays. La production au sein de ces “chaînes de valeur internationales” permet aux entreprises de réduire les coûts de production mais rend les chaînes de valeur plus vulnérables à des chocs d’offre localisés.
  • La récente épidémie de coronavirus est un exemple frappant que nous utilisons pour mesurer l’impact d’une baisse localisée de la production sur l’économie mondiale, via les chaînes de valeur.
  • En France, 3,2% de la production des entreprises rémunère des intrants chinois, en moyenne. Dans certains secteurs comme le textile ou les équipements électroniques, la proportion dépasse 10%.
  • Un choc négatif de 10% sur la production chinoise pourrait réduire le PIB français de 0,3% uniquement à travers les chaînes de valeur. Un tel choc serait suffisant pour que la croissance de 0,2% sur le premier trimestre 2020 qui était prévue par l’INSEE en décembre 2019 se transforme en réduction de l’activité.
  • Le choc se transmet à l’économie française via un petit nombre de grandes entreprises qui produisent en utilisant des intrants étrangers.
  • A court terme, fournir des liquidités aux entreprises touchées est une bonne réponse de politique économique.
  • Pour identifier précisément les zones de vulnérabilité de la structure productive française et mieux cibler les aides, il faut collecter plus de données sur les chaînes de valeur au niveau de l’entreprise.

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