Note IPP n°24 - Avril 2016

Améliorer la mobilité des enseignants sans pénaliser les académies les moins attractives ?

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Avril 2016

Auteurs : Julien Combe, Olivier Tercieux, Camille Terrier

Contacts : julien.combe@psemail.eu, tercieux@pse.ens.fr, camille.terrier@psemail.eu

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logo-pdf-minAméliorer la mobilité des enseignants sans pénaliser les académies les moins attractives ?

Le rôle clé d’un nouvel algorithme d’affectation

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Résumé :

L’affectation des enseignants aux établissements des premier et second degrés recouvre une multitude d’enjeux importants : attractivité de la profession, inégalités géographiques, réussite des élèves, etc. L’arbitrage entre ces différentes dimensions s’avère délicat : assurer une mobilité forte des enseignants peut se traduire par une augmentation des inégalités entre académies en termes d’expérience des enseignants affectés, et ainsi pénaliser la réussite des élèves dans les académies les moins attractives. Dans ce contexte, la procédure informatique utilisée en France pour affecter les enseignants représente un levier d’action essentiel pour réaliser l’arbitrage entre la satisfaction des vœux de mutation et l’égalité des territoires. Partant du constat que la procédure actuelle tend à limiter la mobilité des enseignants, nous proposons dans cette note une procédure d’affectation alternative qui permettrait d’augmenter de plus de 30 % le mouvement des enseignants titulaires tout en prenant en compte les spécificités des académies les moins attractives. Pour ces académies, nous fournissons un outil de pilotage qui permet de faire des simulations et de tester différentes stratégies de gestion des ressources humaines – augmentation, maintien ou diminution du mouvement dans ces académies. Même si le choix final dépend d’une concertation entre les différents acteurs sur les objectifs à atteindre, notre travail souligne l’impact positif important que pourrait avoir une modification du système actuel d’affectation des enseignants.

Points clés :

  • La procédure informatique utilisée en France pour affecter les enseignants souffre d’un problème qui limite fortement le mouvement chaque année : en 2013, le mouvement inter-académique du second degré aurait pu être 40 % plus élevé au niveau national, et jusqu’à près de 150 % pour certaines académies si un algorithme plus efficace avait été utilisé.
  • Une hausse du mouvement – sans précautions additionnelles – peut accroître la surreprésentation des jeunes enseignants dans les académies les plus défavorisées et, plus généralement, augmenter les inégalités entre les différentes académies en termes d’expérience des enseignants affectés.
  • Nous fournissons un outil de pilotage qui permet de faire des simulations et de tester différentes stratégies de gestion des ressources humaines – augmentation, maintien ou diminution du mouvement – propres à chaque académie.
  • À titre d’exemple, nous montrons qu’une procédure alternative d’affectation permettrait d’augmenter de plus de 30 % le nombre d’enseignants obtenant une nouvelle affectation tout en maintenant constant le mouvement dans les académies défavorisées. Dans ce scénario, le mouvement dans certaines académies serait multiplié par deux.

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