La seconde partie de l’étude vise à identifier l’effet causal de l’ouverture de classes de CPGE ou STS sur les choix d’orientation des élèves après le baccalauréat. La stratégie empirique utilisée dans l’étude exploite la variation temporelle et spatiale de ces ouvertures entre 2007 à 2015. Cette méthode d’identification, connue sous le nom de staggered adoption design, a fait récemment l’objet de nombreux développements méthodologiques.
Elle repose notamment sur l’hypothèse d’un effet constant du traitement, dans le temps et entre cohortes. Pour relâcher ces hypothèses, l’étude compare les résultats de l’estimation classique (two-way fixed effect) avec trois estimateurs alternatifs développés par De Chaisemartin et d’Haultfoeuille (2020), Callaway et Sant’Anna (2021) et Gardner (2021). Les effets estimés se révèlent très proches, quelle que soit la méthode utilisée.
Données mobilisées
L’étude s’appuie sur les recensements annuels des élèves inscrits dans l’enseignement secondaire (données FAERE issues du système d’information SCOLARITÉ) et des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur (données STS/CPGE issues de SCOLARITÉ et données SISE) au cours de la période 2006-2018.
Ces données ont été mises à disposition par la Direction de l’Évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse (MENJ-DEPP) et la Sous-direction des des systèmes d’information et études statistiques du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR-SIES).
Elles fournissent des informations détaillées sur les caractéristiques socio-démographiques des élèves et des étudiants (âge, genre, nationalité, commune de résidence, catégorie socio-professionnelle des représentants légaux), ainsi que l’établissement fréquenté et la formation suivie chaque année. Ces données sont complétées par les résultats au baccalauréat, issus du système d’information OCEAN, ainsi que les voeux de préinscription dans l’enseignement supérieur, issus de la plateforme Admission Post-Bac (APB) pour l’année 2015.
L’identifiant national élève (INE), sous une forme chiffrée, permet d’apparier ces différentes sources afin de reconstituer les trajectoires scolaires des élèves, de la terminale jusqu’à leur sortie du système éducatif. Enfin, les données de géolocalisation des établissements d’enseignement secondaire et supérieur, ainsi que les informations sur la taille et le type des communes, proviennent de données accessibles en open data.