Un système en points, fonctionnant à rendement défini, permet de repenser le pilotage du système de retraite. Au lieu de devoir modifier de façon ad hoc les paramètres du système de façon répétée, il est possible de définir des règles d’évolution qui offrent des garanties aux assurés, à la fois sur leurs droits et sur la soutenabilité de long-terme du système. À partir de simulations d’une variété de chocs sur le système de retraite, nous étudions dans cette note quelles règles de pilotage méritent d’être retenues. Deux règles doivent absolument être retenues : d’abord la valeur du point retraite doit suivre la croissance des salaires, ensuite la conversion en pension doit prendre en compte l’espérance de vie de chaque génération. Une troisième règle, importante pour le long terme, est la relation entre les règles d’indexation des pensions liquidées et le montant à la liquidation. Cette règle doit servir de guide aux gestionnaires afin de piloter le système vers un équilibre qui ne repose pas sur une trop faible indexation des pensions. Un tel pilotage implique une forte autonomie institutionnelle du système, où les gestionnaires doivent être responsables de l’équilibre financier, comme des risques sur la revalorisation des pensions.
Quel pilotage pour un système de retraite en points ?
Cette note évalue les effets des différentes règles possibles pour la conception d’un système à rendement défini à partir de simulations. Elle présente ensuite différentes options de pilotage possibles, en discutant le rôle respectif que peuvent jouer les règles automatiques et les arbitrages à réaliser par les gestionnaires.
Référence Note IPP n°43
Présentation
Principaux résultats
- Un système à rendement défini en points doit offrir des garanties sur les droits à la retraite par une règle stricte de revalorisation de la valeur du point sur la croissance des salaires.
- La conversion des points en pension, à liquidation, doit prendre en compte explicitement l’évolution de l’espérance de vie de chaque génération.
- Des systèmes incorporant ces règles sont plus à même d’absorber les chocs économiques et démographiques, et ainsi de garantir leur soutenabilité financière.
- L’indexation des pensions dépend directement du degré d’avance sur pension déjà octroyé à la liquidation et du taux de croissance de la masse salariale. C’est aux gestionnaires de choisir le degré d’avance sur pension afin de garantir une revalorisation suffisante des pensions liquidées.
- Le pilotage ne peut reposer uniquement sur des règles d’indexation. Outre la nécessité d’un fonds de réserve pour lisser des chocs temporaires, les gestionnaires devront gérer les incertitudes sur la croissance de long terme et le taux de croissance de la population.

