Note IPP n°122

Quels effets d’une réorientation en première année d’études supérieures sur la réussite des étudiants ?

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Présentation

La réorientation post-bac est un phénomène d’ampleur conséquente en France : en 2022, un tiers des lycéens venant d’intégrer le supérieur ont formulé de nouveaux vœux dans Parcoursup. Ces changements de parcours sont pourtant parfois perçus comme des échecs individuels ou comme un gaspillage de ressources publiques. Qu’en est-il réellement ? Cette note propose la première évaluation causale à grande échelle des effets d’une réorientation post-bac sur les parcours d’études et l’obtention d’un diplôme du supérieur, en s’appuyant sur des données administratives exhaustives

Résultats clés

  • L’admission de justesse à un vœu de réorientation augmente de 38 points de pourcentage la probabilité de se réinscrire au moins une fois dans l’enseignement supérieur au cours des années qui suivent ces candidatures (96% contre 58 %), et de 23 points la probabilité d’obtenir un diplôme du supérieur (69% contre 46 %). Ces effets se traduisent par une augmentation de près d’un an de la durée totale des études supérieures pour les étudiants admis de justesse par rapport à ceux refusés de justesse.
  • En termes de type de diplôme obtenu, les étudiants admis de justesse en réorientation ont une probabilité nettement accrue d’obtenir un diplôme de BTS ou de DUT, et cette augmentation excède la diminution conjointement observée de la probabilité d’obtenir une licence générale.
  • Une politique d’ouverture de places supplémentaires à destination des étudiants en demande de réorientation pourrait générer des bénéfices sociaux supérieurs aux dépenses publiques engagées : chaque euro net dépensé se traduirait à long terme, selon des hypothèses conservatrices, par environ 2,7 euros de gains sociaux.

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Auteur

Nagui Bechichi est doctorant à l’École d’économie de Paris, chercheur affilié à l’IPP.

Méthode et données

La méthodologie employée consiste à étudier les parcours de candidats à une réorientation, en comparant les étudiants admis de justesse à cette réorientation à ceux refusés de justesse.

Cette étude s’appuie sur plusieurs sources de données administratives exhaustives permettant de retracer les trajectoires d’orientation et de réussite des étudiants dans l’enseignement supérieur. Sont mobilisées : (i) les données sur les vœux formulés sur les plateformes de préinscription Admission Post-Bac et Parcoursup; (ii) les données d’inscription dans les différentes formations du supérieur (SCOLARITÉ pour les STS/CPGE, et SISE-Inscrits pour les autres filières) ; (iii) les données de diplomation (ENQ24 pour les BTS, et SISE-Diplômés pour les autres diplômes, dont les DUT, les formations de licence et de licence professionnelle).

Pour l’analyse, le parcours des étudiants ayant exprimé un voeu de réorientation post-bac entre 2012 et 2017 a été observé jusqu’à six ans après l’issue des affectations.

Étude de référence

Bechichi, Nagui, « Second Chances in Higher Education : Turning Setbacks into New Opportunities », in L’influence des plateformes de pré-inscription sur les différences d’orientation et de réussite dans l’enseignement supérieur français, Thèse de doctorat, EHESS, 2026.

Partenaires

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une convention de recherche avec la Direction de l’Évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale (MEN-DEPP) et la Sous-direction des systèmes d’information et études statistiques du ministère chargé de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE-SIES).

L’étude présentée dans cette note a bénéficié du soutien de la Fondation Ardian dans le cadre du partenariat
scientifique « Access and Success in Higher Education » entre l’Institut des politiques publiques et le laboratoire Blueprint Labs du Massachusetts Institute of Technology.

Cette note a par ailleurs bénéficié du soutien de la Chaire Politiques éducatives et mobilité sociale.