La prévention des disparités entre les sexes en mathématiques est une préoccupation mondiale. Dans la petite enfance, les garçons et les filles présentent des connaissances de base similaires en matière de nombres et d’espace. On pense donc que les disparités entre les sexes en mathématiques reflètent principalement l’intériorisation du stéréotype socioculturel selon lequel « les filles sont mauvaises en mathématiques ». Cependant, on ne sait pas encore où, quand et dans quelle mesure ce stéréotype s’est ancré. L’article présente les résultats d’une évaluation longitudinale sur quatre ans des performances linguistiques et mathématiques de tous les élèves français de CP et CE1 (2 653 082 enfants).
Rapid emergence of a maths gender gap in first grade
Présentation
Principaux résultats
Les garçons et les filles affichaient des résultats très similaires en mathématiques à leur entrée à l’école, mais un écart entre les sexes en faveur des garçons est devenu très significatif après quatre mois de scolarité et a atteint une ampleur d’environ 0,2 écart-type après un an. Ces résultats sont obtenus chaque année et ne varient que légèrement selon le type de famille, de classe ou d’école et le niveau socio-économique. L’exploitation de variations quasi-orthogonales entre âge et temps passé à l’école révèle que l’écart entre les sexes augmentait avec la scolarité plutôt qu’avec l’âge. Ces résultats indiquent que c’est au cours de la première année d’école que l’écart entre les sexes en
mathématiques apparaît en faveur des garçons, ce qui permet de concentrer la recherche de solutions et d’interventions sur ce moment-là.
Partenaires
Cet article est l’aboutissement d’un travail de recherche mené à l’IPP sur les écarts scolaires entre garçons et fille financé dans le cadre de la Chaire Femmes et Science de Dauphine-PSL, et du programme « Innovations, Données et Expérimentations en Éducation (IDEE) » financé pour par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du programme « Investissements d’avenir » (ANR-21-ESRE-0034).
