Bien que dans la plupart des pays de l’OCDE, les femmes soient aujourd’hui plus diplômées que les hommes, elles restent sous-représentées dans les filières et les métiers scientifiques et techniques. En France, en 2018, 32 % des filles s’orientent vers une première scientifique après la seconde, contre 40 % des garçons. Dans l’enseignement supérieur, alors qu’elles représentent 55 % des effectifs (43 % en classes préparatoires aux grandes écoles – CPGE et 59 % à l’université), les femmes ne constituent que 31 % des inscrits en CPGE scientifique
Cette situation est considérée comme préoccupante par les chercheurs et les pouvoirs publics parce qu’elle contribue de manière importante aux inégalités salariales entre les femmes et les hommes sur le marché du travail : selon les pays, la sous-représentation des femmes en sciences explique entre 20 et 30 % des écarts de salaires entre les sexes parmi les diplômés du supérieur. Elle engendre par ailleurs une perte de talents potentiels alors que les besoins de compétences dans des secteurs comme l’informatique et l’intelligence artificielle sont en forte croissance.
De nombreux travaux scientifiques se sont intéressés à l’effet des stéréotypes et des normes sociales sur les choix d’éducation genrés. La persistance des normes sociales s’explique en partie par le fait qu’elles agissent comme des prophéties autoréalisatrices : la sous-représentation des femmes en sciences implique par exemple que les jeunes filles ont peu d’opportunité d’interagir avec des femmes scientifiques qui pourraient changer leurs représentations du monde social, contribuant ainsi à la reproduction des inégalités de genre d’une génération à la suivante.
Pour « casser » ce type de dynamiques, plusieurs associations ont proposé d’exposer directement les jeunes filles à des femmes scientifiques. Pour autant, la capacité de ces interventions s’appuyant sur des modèles positifs d’identification (role models) à influer sur les choix d’orientation des filles demande à être validée.
L’évaluation du programme For Girls in Science (FGiS) que nous avons menée en 2015-2016 permet d’apporter des réponses précises à cette question.
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