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Présentation

Depuis 2010, la France connaît une baisse marquée de la natalité. Celle-ci entraîne une diminution des effectifs scolaires dans l’élémentaire depuis 2016 et dans le secondaire depuis 2021. Particulièrement prononcé à Paris, ce choc démographique touche aussi le reste du territoire et soulève des enjeux majeurs de répartition des ressources éducatives. Dans les grandes villes, où l’enseignement privé sous contrat – financé à près de 75 % par l’État et les collectivités territoriales – est fortement implanté, la baisse des effectifs tend à déséquilibrer la répartition des élèves entre secteurs public et privé.

Principaux résultats

  • À Paris, le nombre de naissances annuelles est passé de 31 440 à 21 484 entre 2010 et 2024, soit une diminution de 32 % au cours de la période.
  • Ce recul démographique se répercute sur les effectifs scolaires, avec un décalage correspondant à l’âge d’entrée dans chaque niveau : à Paris, les effectifs de CP ont diminué de 19,5 % depuis 2016, et ceux de 6e de 9,8 % depuis 2020.
  • Dans la capitale, le secteur privé sous contrat a maintenu des classes remplies malgré la baisse démographique, si bien que la quasi-intégralité de la diminution des effectifs a été absorbée par le secteur public.
  • À effectifs presque constants dans le privé mais en forte contraction au niveau global, la part de l’enseignement privé augmente mécaniquement à Paris : +4,5 points de pourcentage en CP depuis 2016 et +3,3 points en 6e depuis 2020.
  • Si l’évolution des effectifs du privé parisien prolonge la tendance observée depuis le début de la baisse démographique, cette dynamique se poursuivra au cours de la prochaine décennie (horizon pour lequel les effectifs peuvent être anticipés avec fiabilité) : la part du privé atteindrait 33,6 % en CP en 2030 et 49,4 % en 6e en 2035.
  • À Paris, entre 2020 et 2024, la part des élèves de 6e issus de catégories sociales très favorisées qui s’inscrivent dans un collège privé sous contrat est passée de 49 % à 55 %. Sous les hypothèses retenues pour les projections, cette proportion atteindrait 72 % en 2035.
  • Dans plusieurs grandes villes françaises, touchées plus tardivement par le déclin démographique, des dynamiques similaires commencent à se dessiner.

Méthode et données

Données

Les analyses présentées dans cette note ont été réalisées à partir de données de l’Insee et du ministère de l’Éducation nationale : 1) les séries chronologiques du nombre de naissances par commune, disponibles en open data (Insee, 2025a,b) ; 2) la base des effectifs du premier degré (MEN-DEPP, 2026a), également disponible en open data pour les rentrées 2009 à 2024, qui recense l’ensemble des écoles primaires et élémentaires et renseigne leurs caractéristiques (secteur public ou privé, nombre de classes, effectifs par niveau) ; 3) la base des effectifs des élèves à la rentrée dans les établissements du second degré (MEN-DEPP, 2026b) pour les rentrées 2002 à 2024, qui recense l’ensemble des élèves du second degré et renseigne leur établissement de scolarisation ainsi que certaines caractéristiques socio-démographiques (en particulier la catégorie socio-professionnelle des responsables légaux).

Méthodologie

Les projections des effectifs scolaires et de leur répartition entre les secteurs public et privé sont réalisées séparément pour chacune des vingt plus grandes villes françaises. Elles reposent sur les hypothèses suivantes :

  • Les effectifs de CP entre 2025 et 2030 sont projetés à partir de l’évolution des naissances domiciliées dans la commune considérée entre 2019 et 2024. Il est supposé que le ratio entre le nombre d’élèves de CP et le nombre de naissances six ans plus tôt restera égal à sa valeur moyenne observée entre 2022 et 2024 (0,63 pour Paris).
  • Les effectifs de 6e entre 2025 et 2035 sont projetés à partir de l’évolution des naissances domiciliées dans la commune entre 2014 et 2024, en supposant que le ratio entre le nombre d’élèves de 6e et le nombre de naissances onze ans plus tôt restera égal à sa valeur moyenne observée entre 2015 et 2024 (0,68 pour Paris).
  • En l’absence de politique explicite de réduction du nombre de postes d’enseignants alloués à l’enseignement privé, il est supposé que l’évolution des effectifs d’élèves scolarisés dans le secteur privé, pour le niveau considéré (CP ou 6e) et dans la commune étudiée, prolongera la tendance observée depuis le début de la baisse démographique (−0,49 % par an en CP et −0,36 % en 6e à Paris).
  • La composition sociale des effectifs de 6e est projetée en prolongeant la tendance observée au cours des dix dernières années. La part de chaque catégorie sociale est extrapolée linéairement pour la période 2025-2035 à partir des évolutions passées.
  • La composition sociale des élèves de 6e scolarisés dans le secteur privé est projetée selon la même méthode

Retombées et impact

Cette section regroupe les diverses retombées (articles de presse, conférences, auditions…) dont a bénéficié cette publication.

Dernière modification : juin 16, 2026