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(Note IPP n°50) Campagne de terrain versus réseaux sociaux : comment toucher les électeurs lors des élections municipales ?

Note IPP n°50

Février 2020

Auteurs : Vincent Pons, Vestal McIntyre

Contact : vpons@hbs.edu

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Campagne de terrain versus réseaux sociaux : comment toucher les électeurs lors des élections municipales ?

Résumé :

Même si elles prêtent à controverse, les plateformes telles que Twitter ou Facebook sont considérées par les candidats et les partis politiques du monde entier comme des outils de communication importants. Bien que les partis français utilisent moins les réseaux sociaux que leurs homologues aux États-Unis et dans d’autres démocraties occidentales, les vues divergent sur les répercussions que les réseaux sociaux peuvent avoir sur la démocratie française. Mais les discussions sur les dangers et les bienfaits des réseaux sociaux dans les élections omettent une question plus importante encore : les résultats existants suggèrent que les campagnes politiques sur ces réseaux ont peu d’influence sur le vote. Au contraire, une série d’études montre que les campagnes de porte-à-porte peuvent mobiliser et persuader un grand nombre d’électeurs. Ces résultats suggèrent que les partis devraient augmenter leurs efforts dans ce domaine, et que le gouvernement devrait mettre en place des politiques qui facilitent la participation de l’ensemble des citoyens aux élections.

Points clés :

  • Bien qu’en France, les partis investissent moins d’argent dans les publicités politiques sur les réseaux sociaux qu’aux États-Unis ou au Royaume-Uni (même en tenant compte des différences de population), les maires des plus grandes villes françaises ont au moins autant d’abonnés que leurs homologues américains.
  • Une expérience américaine a montré qu’une campagne Facebook avait des effets statistiquement significatifs mais très petits sur le taux de participation ; alors qu’une autre étude a établi que les publicités Facebook n’avaient aucun effet sur l’opinion que les électeurs ont des candidats.
  • Au contraire, une série d’études réalisées en France montre que les campagnes de porte-à-porte peuvent permettre aux candidats de gagner des voix d’au moins trois façons différentes : (1) en augmentant le nombre d’inscrits sur les listes, (2) en mobilisant les abstentionnistes de leur camp pour qu’ils se rendent aux urnes, et (3) en persuadant les électeurs indécis de les soutenir.
  • Le taux de participation est plus bas aux élections municipales qu’aux élections présidentielles. Cela suggère que la meilleure façon pour les candidats de gagner des voix lors de ces élections est de se concentrer sur le second mécanisme, et de mobiliser des volontaires pour que ceux-ci encouragent les abstentionnistes à aller voter.
  • Une des clés du scrutin réside dans la capacité d’EnMarche et des partis plus établis comme le PS à mobiliser leurs troupes pour aller à la rencontre de leurs électeurs. Les candidats les plus organisés et les plus présents sur le terrain bénéficieront d’un gain de participation qui pourrait se révéler décisif.
  • Le fait de compter sur les partis pour mobiliser les électeurs risque de creuser les écarts en matière de participation. L’État pourrait contrer cet effet en adoptant des politiques qui encouragent et facilitent la participation de tous, comme l’inscription automatique sur les listes électorales.