Lorsqu’un enfant issu d’un milieu défavorisé entre à l’école, il maîtrise en moyenne moins bien le langage qu’un enfant issu d’un milieu favorisé. Ce handicap le pénalisera dans ses apprentissages pendant sa scolarité, augmentera ses risques de décrochage et aura des conséquences sur ses conditions de vie futures. De nombreux travaux de recherche soutiennent que l’on peut cependant corriger cette situation dès la petite enfance, notamment en donnant plus de clés aux familles précaires pour aider leurs très jeunes enfants.
Cette étude évalue par essai aléatoire contrôlé le Projet SMS, mené par l’association 1001 mots. Cette intervention a consisté en l’envoi de trois SMS par semaine pendant sept mois, complétés par des appels et envois de livres, afin de sensibiliser des parents de milieux modestes aux enjeux de développement de leur enfant et leur suggérer des idées d’activités et de jeux éducatifs.
Notre étude montre que le Projet SMS produit un impact positif sur les pratiques de lecture des parents les plus précaires et ceux ayant les enfants les plus jeunes. Néanmoins, cet effet demeure faible et ne s’étend pas aux autres pratiques parentales mesurées. Ce résultat pourrait notamment s’expliquer par le fait que les parents déclarent être déjà familiers de la plupart des pratiques recommandées par le programme, laissant donc peu de marge au dispositif pour les faire adopter. Ces impacts limités sur les parents expliquent que l’on ne trouve pas d’effets significatifs sur nos mesures de développement des enfants.