Note IPP n°44 - Juin 2019

Réforme des retraites : quels effets redistributifs attendus ?

Note IPP n°44

Juin 2019

Auteurs : Antoine Bozio, Chloé Lallemand, Simon Rabaté, Audrey Rain, Maxime Tô

Contact : audrey.rain@ipp.eu

Financeur principal : Programme droits, égalité et citoyenneté de l’Union Européenne (2014-2020)

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Résumé :

La réforme des retraites visant à instaurer un système de retraite universel à rendement défini en points aura pour conséquence de renforcer le caractère contributif de la formule de calcul des pensions. Alors que dans le système actuel le cœur contributif a des effets antiredistributifs – augmentant ainsi les inégalités de pensions par rapport aux inégalités de salaires – le nouveau système deviendrait neutre et la réforme conduirait ainsi à une réduction des inégalités de pension. La raison de cet effet peu intuitif – une augmentation de la contributivité réduisant les inégalités – tient à la correction de mécanismes implicites dans le système actuel, comme la règle des 25 meilleures années ou la revalorisation par l’inflation des salaires inclus dans le calcul des pensions. La suppression de la règle de durée d’assurance dans le barème renforce par ailleurs cet effet en bénéficiant relativement plus aux individus ayant eu de faibles salaires moyens. Dans cette note, nous mettons en évidence ces effets à partir de simulations réalisées sur la population des salariés du secteur privé. Outre les individus à bas salaires, les femmes seraient largement bénéficiaires de ce changement de formule de calcul.

Points clés:

  • Le système de retraite actuel peut être considéré comme redistributif car les inégalités de pension sont moins importantes que les inégalités de salaires. Les dispositifs non contributifs jouent un rôle majeur pour expliquer ce résultat.
  • Au contraire, le cœur du système – c’est-à-dire les droits contributifs – favorise les carrières croissantes et pénalise les carrières courtes, générant des effets antiredistributifs importants.
  • La mise en place d’un système à points prenant en compte l’ensemble des salaires revalorisés par la croissance des salaires ferait disparaître ces effets antiredistributifs.
  • Par ailleurs, la disparition de la notion de durée dans le taux de liquidation devrait relativement plus avantager le bas de la distribution des salaires, car ceux-ci valident en moyenne moins de trimestres.
  • A mécanismes de solidarité constants, le passage à un système strictement contributif pour le calcul des pensions bénéficie aux 40 % des individus aux plus bas salaires, ainsi qu’aux femmes, plus largement bénéficiaires que les hommes.