Comment lutter contre les inégalités femmes-hommes ?

Bien que les femmes soient aujourd’hui autant voire plus diplômées que les hommes, leur situation sur le marché du travail demeure moins favorable que celle de leurs homologues masculins. Comprendre les causes de ces inégalités entre les femmes et les hommes est un préalable nécessaire à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces.

Le constat

Si les femmes sont aujourd’hui en moyenne plus diplômées que les hommes, on constate que leur revenu salarial mensuel est inférieur de 24,5 % à celui des hommes. La ségrégation de genre qui s’opère entre filières scientifiques et littéraires explique près d’un tiers de ces écarts de salaires : à niveau égal, les filles ont deux fois moins de chance de choisir une filière scientifique que les garçons. La sous-représentation des femmes dans ces filières menant aux postes à responsabilités ne semble pas être le fruit d’une discrimination explicite, qui s’exerce plutôt au bénéfice des filles dans les disciplines traditionnellement dominées par les hommes. La prévalence des stéréotypes et des normes sociales semble être à privilégier comme cause majeure de la sous-représentation des femmes.

A niveau égal, les filles ont deux fois moins de chance de choisir une filière scientifique que les garçons

Le système socio-fiscal, du fait de différences de situations de vie et de comportements, peut également être la source d’inégalités entre les femmes et les hommes. Ainsi, les droits familiaux du système de retraite actuels ne permettent pas de compenser les aléas de carrière des femmes, ou encore l’organisation des temps sociaux, et notamment des rythmes scolaires, influence les décisions d’offre de travail des femmes et accentuent potentiellement les inégalités sur le marché du travail.

Les options de politiques publiques et leur efficacité

Favoriser l’accès des femmes aux emplois et aux fonctions traditionnellement réservés aux hommes peut être en partie assuré par la contrainte, via la mise en place de politiques de quotas. Cependant, pour assurer la mixité sur le long terme dans de bonnes conditions, il est d’abord nécessaire de mettre fin aux stéréotypes de genre concernant les métiers qui conviendraient mieux aux hommes ou aux femmes. Les travaux de l’IPP tordent le cou à ces idées reçues en montrant que la féminisation des entreprises et de leur direction a des effets positifs sur le bien-être au travail  et n’est en aucun cas associé à une baisse des  performances économiques. Agir en amont, au moment où les individus réalisent des choix décisifs pour leur orientation, peut également s’avérer efficace.

L’intervention d’une femme scientifique auprès de lycéens augmente de 30 % la part de jeunes filles s’inscrivant en classe préparatoire scientifique

Des interventions de sensibilisation réalisées au cours de la scolarité réduisent significativement la prévalence des stéréotypes associés aux femmes et incitent les jeunes filles à poursuivre des carrières scientifiques. L’intervention d’une femme scientifique auprès de lycéens augmente de 30 % la part de filles de terminale scientifique s’inscrivant en classe préparatoire scientifique l’année suivante. Enfin, si réformer certains pans de notre système socio-fiscal est nécessaire pour rétablir l’égalité entre les femmes et les hommes, concevoir des politiques publiques visant à réduire les aléas de carrière ex ante (augmentation des places en crèches, allongement de la durée du congé paternel, etc.) est susceptible d’être plus efficaces que de la mise en place de mesures de compensation ex post (droits de retraite supplémentaires).

Lecture : Ce graphique compare les perceptions des élèves vis-à-vis des différences de genre face aux sciences, selon la classe fréquentée en 2015-2016 (seconde GT ou terminale S) et selon le genre. Les barres horizontales indiquent la proportion d’élèves des classes n’ayant pas reçu l’intervention d’une femme scientifique qui se déclare d’accord avec l’affirmation concernée. Les points indiquent les proportions observées dans les classes qui ont été visitées par une jeune femme scientifique. L’impact du programme est mesuré par la différence entre les moyennes constatées dans les classes visitées et les classes témoin. Les intervalles de confiance à 95% sont représentés par des barres horizontales en forme de T.

Source : Enquête par questionnaire menée en 2016 dans le cadre de l’évaluation du programme « For Girls in Science ».


Pour aller plus loin – publications associées